Pour en finir avec le « propre de l’Homme »
Par Clément Nestour
Par Fantine Vacle - Le 2 juin 2026
La vie étudiante, c’est un vrai défi sportif ! Pas facile de jongler entre le travail scolaire, les tâches quotidiennes, la vie privée, les activités extrascolaires et le sport.
Un vrai problème étudiant
L’Activité Physique (AP) est souvent réduite voire absente chez les étudiants. En effet, d’après l’ONAPS, les étudiants ont des comportements sédentaires pendant 8h en moyenne les jours d’université et 7h25 les jours de repos. Cela s’explique en grande partie par la position assise prolongée lors des cours ou des moments de révision.
Tout d’abord, l’activité physique correspond à tous les mouvements corporels produits par la contraction des muscles entraînant une augmentation de la dépense énergétique. Elle est déterminée par différents paramètres : sa durée, son intensité, sa fréquence, son type et son contexte (travail, déplacement ou de loisirs).
Il faut cependant différencier le manque d’activité physique et la sédentarité. Il est possible de faire de l’activité physique régulièrement, tout en étant sédentaire. Par exemple, en travaillant la semaine sur un écran, tout en pratiquant du sport le week-end. Un comportement sédentaire correspond à un long moment passé en position assise ou allongée dans la journée, hors temps de sommeil. C’est donc bien la sédentarité qui semble particulièrement problématique chez les étudiants.
Cependant, les contraintes liées à la position et au temps d’apprentissage prolongé avec des cours de 1h à 2h ne peuvent pas être évitées. Pour y faire face, il est recommandé de marcher toutes les deux heures. Mais à ce problème s’ajoute un manque d’activité physique croissant chez les étudiants. Il est reconnu que pour une même tranche d’âge, les étudiants semblent pratiquer moins d’AP que les non étudiants. Ce manque d’activité physique est lui certainement dépendant d’autres facteurs et d’autres contraintes qui peuvent s’ajouter à la sédentarité du monde étudiant. Il semble ainsi plus aisé d’agir sur cet axe et de comprendre les enjeux et contraintes provoquant ce manque d’AP afin de le diminuer.
Mais à quoi est dû ce manque d’activité physique ?
L’ONAPS en partenariat avec l’ANESTAPS (Association Nationale des Étudiants en STAPS) a mené en 2020 une enquête sur la pratique d’AP et la sédentarité à l’Université pour appréhender les freins et motivations de la pratique étudiante. Les constats évoqués sont inquiétants, plus les étudiants avancent au sein de leur cursus universitaire, plus ils sont sédentaires. Cette période est généralement accompagnée d’un nouvel environnement, d’une charge de travail accrue, d’une prise d’autonomie et de responsabilité, d’une pression académique.
À cela s’ajoute, une nouvelle vie sociale, un éloignement familial et des choix d’orientation. Ces facteurs peuvent expliquer une augmentation du stress chez certains étudiants pouvant influer sur leur bien-être général. La sédentarité et l’activité physique sont des leviers importants à prendre en compte afin de conserver une bonne santé.
Le manque de temps lié à des contraintes universitaires est le premier frein mis en avant par les étudiants. Les contraintes liées aux offres universitaires ou à l’accessibilité sont également responsables, avec par exemple l’horaire ou le lieu des activités proposées jugées contraignantes. De plus, le nombre de places limitées, et le fait de ne pouvoir s’engager que sur une seule activité par année. Certains étudiants estiment que le choix d’activités proposées ainsi que le manque d’équipement en libre accès jouent également un rôle dans l’absence d’AP. Par ailleurs, le manque de liens sociaux semble être une réelle contrainte pour s’engager dans une pratique universitaire. Le manque d’information sur l’offre universitaire est également à souligner.
Quelles sont les conséquences d’une forte sédentarité et d’un manque d’activité physique ?
D’après Santé Publique France, une durée de sédentarité élevée est un facteur de risque de mortalité. Plusieurs mécanismes sont à l’origine d’effets négatifs sur notre corps.
Une trop faible dépense énergétique engendre une hypertriglycéridémie, c’est-à-dire un excès de graisses et de triglycérides (glycérides des lipides alimentaires et lipides de l’organisme stockés dans le tissu adipeux) dans le sang. Une position assise prolongée perturbe également le débit sanguin, et génère des contraintes au niveau des disques intervertébraux et réduit l’activité des muscles du dos. Cela génère un risque de développer des maladies cardiovasculaires telle que l’hypertension artérielle. Les personnes qui passent plus de 8 heures par jour assises ont un risque de mortalité cardiovasculaire augmenté de 17 % par rapport à celles qui sont plus actives.
L’inactivité physique favorise l’accumulation de graisse corporelle, ce qui peut mener à de l’obésité. La sédentarité contribue également au risque de survenue du diabète de type 2. Le manque d’activité physique entraîne en effet, une diminution de la sensibilité à l’insuline, augmentant ainsi le risque de développer cette maladie. Une étude a révélé que les personnes ayant un mode de vie sédentaire avaient un risque de diabète de type 2 augmenté de 112 % par rapport à celles ayant une activité physique modérée à intense. Les risques de développer un cancer de l’endomètre, du côlon et du poumon sont aussi multipliés. Cette inactivité génère enfin des troubles musculosquelettiques, des lombalgies avec des douleurs au niveau des vertèbres lombaires et des douleurs dorsales.
Au-delà de l’effet sur la santé physique, la sédentarité est également associée à des effets néfastes sur la santé mentale. En effet, les personnes inactives sont plus susceptibles de souffrir de dépression et d’anxiété.
Comment éviter des soucis de santé ?
Les recommandations d’activité physique pour un adulte sont de pratiquer une activité physique régulière. Pour cela, l’Agence Nationale de SEcurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande par semaine au moins 30 minutes d’AP, 5 jours dans la semaine (ANSES, 2016). Il est également conseillé de pratiquer des activités de renforcement musculaire, d’assouplissement et d’équilibre deux fois par semaine ou plus.
L’activité physique joue un rôle essentiel pour la santé physique et mentale et le bien-être. Pratiquer une activité physique régulière ne suffit pas à combler une forte sédentarité. Il faut donc agir sur les deux : à la fois augmenter le niveau de l’activité physique et limiter la sédentarité.
Fantine Vacle
https://anestaps.org/wp-content/uploads/2023/01/2023-01-17-Rapport-final-enque%CC%82te-e%CC%81tudiante-VF-logossedito.pdf
https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/nutrition-et-activite-physique/documents/rapport-synthese/sedentarite-prevalence-et-connaissance-des-recommandations.-barometre-de-sante-publique-france-resultats-de-l-edition-2024
https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/article/activite-physique-sedentarite-et-sante
http://onaps.fr/s=%C3%A9tudiant&jet_search_suggestions_settings=%7B%22search_source%22%3A%22any%22%7D
https://ressources.inrs.fr/visionneuse/ED%206494/index.html#page-1
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-08/guide_connaissance_ap_sedentarite_vf.pdf
http://onaps.fr/?s=%C3%A9tudiant&jet_search_suggestions_settings=%7B%22search_source%22%3A%22any%22%7D
https://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/triglyc%C3%A9ride/16711
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