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Malnutrition étudiante : plus de 20 % des étudiant·es concerné·es

Par Maxence Cognard - Le 18 mai 2026

Les étudiants privilégient-ils leurs études à leur alimentation ? À quel point cela peut-il impacter leur efficacité et leur endurance dans le travail ?

La malnutrition chez les étudiant·es est un phénomène de plus en plus étudié par la recherche scientifique, souvent désigné sous le terme d’insécurité alimentaire. Elle correspond à une situation dans laquelle une personne ne dispose pas d’un accès régulier à une alimentation suffisante, équilibrée et de bonne qualité nutritionnelle.

La vie étudiante est une période particulièrement à risque, car elle combine une autonomie nouvelle, des ressources financières limitées (d’autant plus dans un état où le coût de la vie est élevé) et des emplois du temps parfois incompatibles avec une alimentation régulière. Plusieurs études internationales montrent qu’entre 20 % et 35 % des étudiant·es seraient touché·es par une forme d’insécurité alimentaire, ce qui fait de la malnutrition un véritable enjeu de santé publique.

Les conséquences de la malnutrition chez les étudiant·es sont nombreuses et bien documentées par la littérature scientifique. Sur le plan académique, de nombreuses recherches montrent une association claire entre insécurité alimentaire et baisse des performances scolaires. Les étudiant·es négligeant la qualité de leur alimentation présentent plus souvent des difficultés de concentration, une mémoire moins efficace et une capacité réduite à maintenir un effort intellectuel prolongé.

Certaines études indiquent aussi que les étudiant·es en situation d’insécurité alimentaire ont un risque significativement plus élevé d’obtenir de faibles résultats universitaires ou d’abandonner leurs études. Cette relation s’explique notamment par le rôle central des nutriments dans le fonctionnement du cerveau et par la fatigue cognitive liée à un apport énergétique insuffisant.

 

Des conséquences sur la santé physique et mentale

Sur le plan physique, la malnutrition entraîne fréquemment une fatigue chronique, une baisse d’énergie et une vulnérabilité accrue aux maladies. Les recherches soulignent la présence fréquente de carences en micronutriments essentiels tels que le fer, les vitamines du groupe B ou la vitamine D chez les étudiants en situation de précarité alimentaire. Ces carences peuvent provoquer de l’anémie, des maux de tête, des étourdissements et une baisse générale de la capacité fonctionnelle, ce qui complique le suivi des cours et la participation à la vie étudiante. À plus long terme, une alimentation de mauvaise qualité est également associée à un risque accru de maladies chroniques.

La santé mentale est aussi fortement impactée par la malnutrition. Les études scientifiques montrent que les étudiant·es confronté·es à l’insécurité alimentaire présentent des niveaux plus élevés de stress, d’anxiété et de dépression. Le fait de ne pas savoir si l’on pourra manger suffisamment ou correctement génère une charge mentale importante, qui affecte le bien-être psychologique. Plusieurs travaux indiquent que la détérioration de la santé mentale est corrélée avec l’insécurité alimentaire et la baisse des performances académiques, soulignant ainsi l’interconnexion entre alimentation, santé mentale et réussite scolaire.

 

Des contraintes financières aux effets néfastes sur la santé

Par ailleurs, la malnutrition chez les étudiant·es est souvent liée à des comportements alimentaires à risque. Les contraintes financières conduisent fréquemment à la consommation d’aliments peu coûteux mais pauvres sur le plan nutritionnel, riches en sucres, en graisses et en sel. Ainsi, les ressources ne sont plus idéales pour le fonctionnement du corps humain. Les recherches montrent que les étudiants en insécurité alimentaire consomment moins de fruits, de légumes et de protéines de qualité, ce qui accentue les déséquilibres nutritionnels. Ces habitudes peuvent s’installer durablement et avoir des conséquences négatives sur la santé à long terme.

En conclusion, la malnutrition chez les étudiant·es est un problème multidimensionnel, solidement étayé par les recherches scientifiques, qui affecte à la fois la santé physique, la santé mentale et la réussite académique. Pour y répondre, les études recommandent plusieurs pistes de solutions. Parmi elles figurent le développement de dispositifs d’aide alimentaire sur les campus, l’accès à des repas universitaires à faible coût, le renforcement des aides financières et la mise en place de programmes d’éducation nutritionnelle adaptés aux contraintes étudiantes.

Les chercheurs soulignent également l’importance d’un accompagnement psychologique, car la santé mentale joue un rôle clé dans les effets de la malnutrition. Une approche globale, intégrant politiques publiques, institutions universitaires et actions de prévention, est essentielle pour réduire durablement la malnutrition étudiante et favoriser l’égalité des chances dans l’enseignement supérieur.

 

Sources

Celik, Ö. M., Ozyildirim, C., & Karacil Ermumcu, M. S. (2023). Evaluation of food insecurity and its association with food consumption and some variables among college students. Journal of Health, Population and Nutrition, 42(1), 90.

El Zein, A., Shelnutt, K. P., Colby, S., Vilaro, M. J., Zhou, W., Greene, G., … & Mathews, A. E. (2019). Prevalence and correlates of food insecurity among US college students: a multi-institutional study. BMC public health, 19(1), 660.

Organisation mondiale de la Santé (OMS), Nutrition.

Organisation mondiale de la Santé (OMS), Santé des adolescents.

Martinez, S. M., Frongillo, E. A., Leung, C., & Ritchie, L. (2020). No food for thought: Food insecurity is related to poor mental health and lower academic performance among students in California’s public university system. Journal of health psychology, 25(12), 1930-1939.

Raskind, I. G., Haardörfer, R., & Berg, C. J. (2019). Food insecurity, psychosocial health and academic performance among college and university students in Georgia, USA. Public health nutrition, 22(3), 476-485.

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