On dit parfois d’un enfant qui a le regard dans le vide qu’il “rêve”, rêve dont il ne peut décrocher pendant quelques secondes. Il est alerte et attentif sur ce qu’il fait, puis soudainement il arrête ce qu’il fait, semble absent, n’est pas réceptif aux paroles qui lui sont adressées. Parfois sa tête oscille et ses yeux clignent rapidement. Puis, au bout de quelques secondes, l’enfant redevient alerte et reprend son activité comme si aucune interruption n’avait eu lieu et aucun souvenir des dernières secondes.

Ces différents symptômes sont caractéristiques de l’absence épileptique, appelée aussi “crise de petit mal”. Elle touche essentiellement les enfants entre 6 et 10 ans et est relativement fréquente : environ un enfant sur 4 300 à 8 300 âgés de moins de 15 ans a des absences épileptiques (chiffre datant de 2010).

L’épilepsie est causée par une décharge paroxystique hypersynchrone et auto-entretenue d’un groupe de neurones dans le cortex cérébral. Ces neurones vont générer de façon synchrone des trains de potentiels qui peuvent se propager aux autres populations de neurones. La crise se révèle par des manifestations physiques plus ou moins importantes. L’absence épileptique est difficilement détectable du fait de la durée courte de la crise et de la discrétion de ses symptômes. L’électro-encéphalogramme (EEG) de l’enfant, effectué après la crise, sera très souvent normal. En revanche, pendant la crise, elle révèlera des “décharges de pointes-ondes généralisées”, ce qui permettra de confirmer le diagnostic. En effet, pendant la crise, le cerveau produit une décharge à pointes-ondes de 3 cycles par seconde.

Electro-encéphalogramme pendant une crise d'épilepsie d'absence

Electro-encéphalogramme pendant une crise d’épilepsie d’absence

L’enfant épileptique fait généralement plusieurs crises par jour, ce qui autorise des examens neurologiques et un diagnostic des crises.

Les causes de l’épilepsie ne sont pas encore connues précisément. Il s’agit d’une maladie multifactorielle associant facteurs génétiques et facteurs environnementaux. Les principaux facteurs de risque sont le stress, le manque de sommeil, le faible taux de glucose et de calcium sanguin.

Une certitude existe néanmois : ces absences épileptiques typiques peuvent être déclenchées par une hyperventilation. On peut le voir dans cette video où un père demande à son enfant épileptique de souffler plusieurs fois et rapidement sur un mouchoir. La crise survient très rapidement après cette hyperventilation provoquée.

Des traitements existent et permettent la réduction de la fréquence des crises. Une médication adéquate parvient à contrôler les crises chez 90 % des enfants souffrant d’absence épileptique. Néanmoins, cette pathologie entraîne un risque accru de faire une crise épileptique tonico-clonique, dite “crise de grand mal”, bien plus connue. Elle se caractérise par des manifestations bien plus importantes et dangereuses : en effet, elles atteignent généralement le système moteur et se traduisent par des convulsions généralisées.