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Les voyages dans l’espace font partie des sujets qui alimentent l’actualité de manière régulière. L’année dernière, le périple du français Thomas Pesquet a tenu en haleine le pays entier pendant six mois, le temps de sa mission.

Dans l’univers relativement masculin de la conquête spatiale, quelques femmes ont tout de même réussi à marquer l’histoire. C’est notamment le cas de Mae Jemison qui, en septembre 1992, est devenue la première femme afro-américaine à partir en mission à bord d’une navette spatiale.

La volonté de Mae d’accomplir ses rêves de réussite a été caractérisée par les nombreux obstacles qu’elle a pu rencontrer au cours de sa vie, mais aussi par la détermination sans faille dont elle a fait preuve tout au long de son parcours.

C’est le 17 octobre 1956 que naît Mae Jemison, d’une mère enseignante et d’un père employé d’un organisme de charité. Très intelligente, elle se découvre tout de suite une passion pour les sciences et notamment l’espace.

Ses parents l’encouragent sans cesse à se dépasser dans ses études ou ses loisirs et font tout pour qu’elle et ses frères et sœurs aient les meilleures chances de réussite possibles. Après avoir déménagé une première fois à Chicago, la famille se voit dans l’obligation de changer à nouveau de logement pour se protéger de la guerre des gangs qui sévissait dans la ville à cette époque. Ce nouveau quartier, bien que moins dangereux, a tout de même représenté une épreuve pour Mae car étant l’une des seules jeunes filles d’origine afro-américaine, elle subit la discrimination de beaucoup de ses camarades. Mais cela n’affecte pas sa détermination et forge même ses convictions féministes et égalitaires.

Quand être une femme ne devrait pas être un frein

Lorsqu’on lui dit que les sciences ne peuvent pas représenter une opportunité de carrière pour une femme, elle ne se laisse pas décourager. Elle s’insurge même, au moment du lancement de la navette Apollo 11 –  qui restera tout de même un moment marquant de son parcours, – contre l’absence de femmes astronautes.

En dehors des cours, Mae s’adonne à sa seconde passion : la danse. Africaine, jazz, moderne, classique, elle les pratique toutes et son talent est reconnu quand, à 14 ans, elle obtient un rôle dans un ballet de West Side Story.

Après des études secondaires brillantes avec notamment l’obtention du 1er prix du concours de sciences de la ville de Chicago, elle intègre à 16 ans la prestigieuse école de Stanford en Californie grâce à une bourse nationale au mérite. Le racisme et le sexisme ambiants ne la quittent pas, mais elle réussit encore une fois haut la main son objectif en obtenant en 1977 un diplôme d’ingénieure en génie chimique avec également un diplôme en études afro-américaines.

La jeune femme décide alors de s’orienter vers la médecine et rejoint la Cornwell University Medical au sein de laquelle elle contribuera à l’élaboration d’un vaccin contre l’hépatite B. Au cours de son cursus, elle a l’occasion d’effectuer plusieurs voyages humanitaires à Cuba, au Kenya ou encore en Thaïlande, dans un camp pour réfugiés Cambodgiens. Pour continuer sur cette lancée, elle intègre les Peace Corps en 1981, après l’obtention de son diplôme, et se rend sur le front au Libéria et en Sierra Leone.

En 1983, un évènement historique lui rappelle ses rêves d’enfants : Sally Ride est la première femme astronaute à se rendre dans l’espace lors de la mission STS-7 à bord du vaisseau Challenger.

Mae décide de se consacrer à ses premiers amours et postule à plusieurs campagnes de recrutements de la NASA, jusqu’en 1987 où elle intègre enfin le programme d’entrainement.

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Elle est déjà la première femme noire à accomplir cet exploit. Cinq ans plus tard, le 12 septembre 1992, elle devient également la première femme noire à effectuer un séjour dans l’espace. C’est à cette date que décolle la navette Endehavour pour la mission STS-47. Avec six autres personnes, elle va mener pendant 8 jours diverses expériences scientifiques sur l’apesanteur ou encore sur le mal des transports.

A son retour, elle déclarera à la presse que cette expérience est l’exemple parfait montrant que les femmes et les personnes issues de minorités peuvent contribuer à l’avancée de la société si l’occasion leur est donnée.

L’après NASA, le retour sur Terre

Quelques temps après sa mission, Mae quitte la NASA. Elle fonde le Jemison Group Inc. en 1993, une entreprise qui mène des recherches et développe la technologie au service de la vie quotidienne. Cette entreprise travaille par exemple sur l’utilisation de satellites pour la prestation de soins de santé ou encore la mise en place de moteurs Stirling (moteurs ayant un fonctionnement respectueux de l’environnement) pour donner aux pays en voie de développement un meilleur accès à l’électricité. En 1994, elle crée la Dorothy Jemison Fondation, en l’honneur de sa mère. La mission de cette fondation est d’organiser des camps scientifiques internationaux pour les jeunes.

Depuis, elle enseigne les sciences de l’environnement au Darmouth College.

Mae Jemison a vécu plusieurs vies : celle d’une petite fille venant d’un quartier défavorisé qui savait déjà qu’elle irait dans l’espace, celle d’une jeune femme déterminée impliquée dans ses études mais également dans les causes qui lui tiennent à cœur, à la tête de l’Union des Etudiants Noirs (Black Student Union) de son Université. Et enfin, celle d’une femme active ayant accompli le rêve de tous : aller dans l’espace et marquer l’histoire de par le contexte inédit de sa mission.

Pour les férus du genre, la jeune femme est également célèbre pour être la seule personne à avoir séjourné dans l’espace et joué dans un épisode de la célèbre série Star Trek !

Sources